Perspectives chinoises 94

Perspectives chinoises 94

Chine - Société

Barrage des Trois Gorges : les cultes et le patrimoine au cœur des enjeux. Etude sur les vestiges culturels et la religion populaire locale dans le xian de Yunyang (municipalité de Chongqing) Page 2

Katiana Le Mentec

Au cœur de la région des Trois Gorges, Yunyang subit les conséquences de la construction du barrage telles la submersion des terres agricoles, de déplacement des populations, la reconstruction des agglomérations urbaines ainsi que la délocalisation du célèbre temple de Zhang Fei. Les vestiges historiques et religieux et les cultes rendus aux divinités locales sont au centre d’enjeux économiques, idéologiques et symboliques. Entre politiques locales de développement et initiatives des habitants, ces repères communautaires fondamentaux font l’objet d’investissements et de réorientations multiples. Au cours de l’épisode traumatique que traverse la région, ils s’avèrent particulièrement cruciaux pour le renforcement de l’identité fragilisée des habitants.

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Les débats autour des représentations des migrants ruraux Page 13

Eric Florence

Dans cet article, l’auteur se penche sur les représentations des migrants d’origine rurale à la fin des années 1980 et au début des années 1990, période au cours de laquelle la question des migrations commence à occuper une place de premier plan dans le débat public. Sur la base d’une analyse détaillée de la presse quotidienne et hebdomadaire, de magazines scientifiques et d’ouvrages issus de la littérature de reportage publiés entre 1986 et 1991, l’auteur montre qu’une lutte se déroule autour de la représentation des migrations ; elle s’articule principalement autour de deux axes : l’Etat et l’économie de marché. L’enjeu de cette lutte est la légitimité de la présence des migrants en ville et elle touche à la redéfinition de la hiérarchie sociale et spatiale. L’auteur expose également la façon dont des catégories de discours, telle celle de « migrant aveugle », se sont constituées historiquement ; elles participent de l’évolution des domaines de l’intervention politique.

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Chine - Relations extérieures

Russie : un partenariat stratégique avec la Chine n’est pas d’actualité Page 27

Iliyas Sarsembaev

Cet article propose une réflexion sur le positionnement de la Russie face à différentes alliances possibles en Asie. Il met l’accent sur les contraintes que fait peser la politique intérieure russe et souligne les difficultés de ces coopérations. La concrétisation d’un véritable partenariat stratégique avec la Chine paraît peu probable.

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Chine - Droit

Loi de 2003 sur les référendums à Taiwan : de nombreuses interrogations persistent Page 38

Joseph Lee

La Loi de 2003 sur les référendums et le référendum sur les questions de défense organisé en mars 2004 à Taiwan soulèvent un certain nombre de problèmes juridiques qui méritent une analyse approfondie. Nous aborderons l’histoire de cette Loi sous un angle à la fois politique et juridique et montrerons qu’un référendum ne peut être fonctionnel et légitime que s’il est organisé conformément à l’Etat de droit et au principe de suprématie de la Constitution. Nous identifions quatre types de problèmes. Premièrement, la Loi sur les référendums contient des dispositions inconstitutionnelles. Deuxièmement, d’un point de vue juridique, la Loi sur les référendums aurait dû se fonder expressément sur la Constitution. Troisièmement, cette loi ne précise pas clairement les effets juridiques du référendum. Quatrièmement, elle ne contient pas de limites juridiques adéquates au pouvoir du chef de l’Etat de convoquer un référendum sur les questions de défense. Ces questions juridiques ont été soulevées dans les tribunaux à l’occasion de divers procès politiquement orientés. Cet article, en revanche, conclut que l’initiative de la rectification des problèmes juridiques posés par la Loi sur les référendums incombe au Yuan législatif.

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Chine - Art, culture, littérature

Wang Wenxing, le « dos à dos » avec le présent Page 46

Sandrine Marchand

Un homme dos à la mer (Beihai de ren), le dernier roman de Wang Wenxing qui a été écrit en deux temps et a nécessité vingt-cinq années de labeur, se démarque de ses œuvres précédentes, à la fois de son roman Processus familial (Jiabian), qui l’a rendu célèbre par le scandale moral qu’il a soulevé, de son recueil de nouvelles, ainsi que de ses publications récentes, deux recueils de sanwen sur des sujets divers. Ce texte vient en effet rompre une écriture qui, malgré des audaces de langage déjà très réfléchies dans le premier roman, était restée classique, pour atteindre ici à un travail expérimental sur la dérive du sens à l’intérieur du cadre romanesque. On a comparé cet ouvrage à Ulysse de Joyce, mais cette comparaison n’est d’aucune aide pour suivre le rythme épuisant entre les sons et les mots qui gouverne ce roman écrit sous la forme d’un long monologue. Il amorce une synthèse des deux courants littéraires des années 1960-1970, à savoir la littérature moderniste, en poursuivant une recherche du langage défiant la compréhension, et la littérature du terroir du fait qu’il a pour cadre un petit village de pêcheurs et pour personnages des pauvres hères en marge de la société. On peut aussi penser qu’il adopte par cette mixité même le caractère hybride propre à la littérature post-moderne. Ce roman porte à l’exégèse. Il est plus destiné à la spéculation universitaire qu’au lecteur ordinaire. Cependant, il ne s’agit pas tant d’une écriture de la discontinuité, de l’effondrement répondant aux normes post-modernes que d’une écriture qui, épousant le genre picaresque – anti-roman idéaliste par excellence – décrit non seulement un univers dérisoire, mais se tourne elle-même en dérision. En outre, selon les propos mêmes de son auteur, cet ouvrage, refusant toute catégorisation, est « un tableau de la condition humaine à valeur universelle ».
Le parti pris de cet article est de relier ce roman au reste de l’œuvre de Wang Wenxing en l’interrogeant, d’un point de vue historique, sur le rapport entre les atrocités commises dans la guerre opposant les communistes aux nationalistes et une vision du monde où le nihilisme laisse la place au cynisme. Partant de la dernière page du texte, on considérera la question du mal, interrogera sa possibilité chez un personnage qui ne peut regarder l’existence, passée et présente, en face.

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Propos de Yang Jiang Page 56

Liu Meizhu

Yang Jiang, de son vrai nom Yang Jikang, est née en 1911. Elle est l’auteur d’un roman, de plusieurs pièces de théâtre et de très nombreux sanwen. Son premier écrit date de 1933, et son dernier ouvrage, Women sa (Nous trois), où elle évoque des souvenirs familiaux, a paru en juillet 2003 (véritable succès de librairie, il s’en est vendu 180 000 exemplaires en deux mois). Toutefois, pendant trente ans, de 1949 à 1981, pour d’évidentes raisons, Yang Jiang a préféré se vouer entièrement à l’enseignement et à la recherche – elle est aussi une spécialiste des littératures chinoise et étrangères –, ainsi qu’à la traduction : on lui doit notamment la version chinoise de Don Quichotte. Elle se consacre aujourd’hui à l’édition des œuvres de son époux, le grand lettré Qian Zhongshu (1910-1998). En France, elle est surtout connue pour ses récits sur la Révolution culturelle, publiés chez Christian Bourgois.
Les deux entretiens qui suivent ont été recueillis au cours de l’année 2005. Yang Jiang a répondu par écrit aux questions que je lui avais envoyées, ce qui explique le caractère un peu abrupt de nos échanges, dans l’impossibilité où j’étais, par définition, de rebondir sur les propos de mon interlocutrice. Et si nous sautons du coq à l’âne, c’est qu’il s’agissait surtout pour moi de lui faire préciser certains détails que je comptais utiliser dans un travail en cours, une thèse de doctorat consacrée à son œuvre (« La Figure de l’intellectuel chez Yang Jiang », sous la direction d’Isabelle Rabut, Inalco, Paris, décembre 2005, 404 p.). Pour autant, telles quelles, ces paroles de Yang Jiang me semblent pouvoir intéresser le lecteur, elle qui en est d’ordinaire si avare et refuse généralement les interviews. Elle n’a du reste, et je l’en remercie, consenti à les laisser paraître que parce que précisément elle avait pu les rédiger.

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Lecture critique

Fei-Ling Wang, Organizing through Division and Exclusion. China’s Hukou System Page 62

Chloé Froissart

Chih-jou Jay Chen, Transforming Rural China. How Local Institutions Shape Property Rights in China Page 64

Yang Weiyong

Cheng Ying, Les Paysans de Mancang. Chronique d’un village taiwanais Page 65

Stéphanie Homola

Yanrui Wu, China’s Economic Growth. A Miracle with Chinese Characteristics Page 67

Cécile Batisse

Evelyne Micollier (éd.), Sexual Cultures in East Asia. The Social Construction of Sexuality and Sexual Risk in a Time of AIDS Page 68

Vincent Rollet

S. Frederick Starr (éd.), Xinjiang. China’s Muslim Borderland Page 71

Rémi Castets

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