Perspectives chinoises 2010/2

Dossier

Quel rôle pour la littérature chinoise aujourd’hui?

L’exemple de Gao Xingjian

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Perspectives  chinoises 2010/2

Dossier

Editorial Page 2

Sebastian Veg

« Ne pas avoir de -isme », un -isme pour un homme seul Page 8

Noël Dutrait

En 2000, Gao Xingjian obtient le prix Nobel de littérature pour son oeuvre théâtrale et romanesque, commencée en Chine au début des années 1980. Installé en France à partir de 1987, il écrit aussi des textes théoriques dans lesquels il propose non pas un grand principe (un -isme), mais au contraire l’absence de -isme ainsi qu’une littérature dite « froide », c’est-à-dire libre de toute influence politique et même idéologique. Après l’obtention du prix Nobel, Gao Xingjian a dû faire face aux contradictions inhérentes à son statut d’homme célèbre et à sa condition d’individu faible et isolé, seul capable à ses yeux, de produire une littérature et un art en accord avec ses convictions. Cet article se propose d’aborder son oeuvre à travers la question de l’absence de -isme.

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Réalité historique, récit fictionnel : la Chine dans le cadre du théâtre de Gao Xingjian Page 15

Quah Sy Ren

En s’appuyant sur les outils de « l’analyse des cadres » d’Erving Goffman et des « signifiants de cadrage » de Colin Counsell, cet article examine la manière dont Gao Xingjian, premier écrivain de langue chinoise lauréat du prix Nobel de littérature, représente la réalité de la Chine contemporaine dans son oeuvre dramatique. Deux scènes issues d’une des premières pièces de Gao, L’Autre rive, serviront à illustrer comment Gao utilise la technique du cadrage pour (dé / re) cadrer les notions de Chine et de sinité.

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Gao Xingjian : fiction et mémoire interdite Page 26

Yinde Zhang

De La Montagne de l’âmeau Livre d’un homme seul, l’oeuvre romanesque de Gao Xingjian s’investit dans un travail de mémoire transgressif : exhumer les patrimoines minoritaires occultés par la culture dominante, sauvegarder la mémoire individuelle contre l’historiographie établie et sonder les zones troubles du souvenir personnel, moins pour se livrer à la « repentance » qu’aux interrogations identitaires. L’écriture mémorielle, à la faveur de la fictionalisation, se rapproche dès lors d’un certain rituel exorciste, qui permet de braver les interdits en conjurant les démons extérieurs comme intérieurs et en faisant prévaloir la prescription existentielle contre le jugement normatif.

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Sur les marges de la modernité : une étude comparée de Gao Xingjian et Ōe Kenzaburō Page 36

Sebastian Veg

Gao Xingjian et Ōe Kenzaburō partagent un intérêt pour les marges qui a servi de base à un dialogue entre eux organisé en 2006. Une comparaison plus approfondie de leurs ouvrages respectifs La Montagne de l’âme( Ling shan, 1982-1989) et Le Jeu du siècle( Man’en gannen no futtobō ru, 1967) nous révèle également leur méfiance commune pour la modernité, ainsi qu’une préférence plus spécifique pour les marges de la culture locale. Cette critique culturelle de la modernité est étayée dans leurs essais. Toutefois, bien que leurs doutes sur la modernité et sur les cultures centrales se traduisent par la formulation similaire d’une éthique individuelle, Ōe ne partage pas la vision qu’a Gao de l’auteur détaché écrivant de la « littérature froide », mais revendique d’assumer les implications politiques découlant de sa posture éthique. On développera ici l’hypothèse que leurs définitions respectives de la littérature peuvent être appréhendées comme des explorations d’une autre forme de modernité.

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Limitée et illimitée, l’esthétique de la création Page 51

Gao Xingjian

Articles

Démocratie locale en Chine : quelle direction prendre après 20 ans d’expérimentations ? Page 58

Dong Lisheng

Les implications de l’expérience des élections de comités villageois menées depuis 1987 ont été évaluées de diverses manières par le pouvoir. Les élections directes à l’échelon du bourg ont été catégoriquement interdites en 2006 mais, en 2008, on a réintroduit à Guiyang le principe de nomination et de sélection publiques des chefs de district et des responsables municipaux adjoints. Cet article explore les raisons qui motivent ces différents revirements et conclut qu’une prise de décision stratégique quant au futur de la démocratie locale, est aujourd’hui en cours au sein du gouvernement central.

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Actualités

Le système de rééducation par le travail, instrument de la lutte politique et moyen de contrôle social Page 72

Yu Jianrong

Après un bref récapitulatif de l’histoire du système de rééducation par le travail ( laojiao), notre article conclut que la création et le développement de ce système peut se diviser de manière générale en deux phases : celle de la rééducation par le travail en tant qu’instrument de lutte politique et celle de la rééducation par le travail en tant que moyen de contrôle social. Bien qu’au cours de l’histoire, le laojiaoait été réformé plusieurs fois, que sa fonction et ses cibles aient connu de grandes variations, on peut dire que ces changements dans les tâches concrètes n’ont constitué que des adaptations du laojiaoaux exigences de la société à différentes époques, mais que la violation arbitraire du droit individuel par la force publique qui constitue la nature profonde de ce système, n’a jamais changé. En conséquence, bien que le système du laojiao, anomalie produite par l’histoire, continue de jouer un rôle aujourd’hui, la poursuite de son existence a déjà perdu toute justification et toute légitimité.

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Les nouvelles de Chine Page 80

François SchichanThomas Vendryes

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