Perspectives chinoises 2011/3

Dossier

La médecine chinoise

Diffusion mondiale d’un patrimoine en mutation

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Perspectives chinoises 2011/3

Dossier

Éditorial 2011-3 Page 2

Éric MariéPierre-Henry de Bruyn

Transmission et pratique de la médecine chinoise : état des lieux et perspectives Page 4

Éric Marié

Résumé : La médecine chinoise est un système médical qui s’est développé dans la longue durée, en Chine, et s’est diffusée, particulièrement au cours des dernières décennies, dans le reste du monde. Cette étude tente tout d’abord d’identifier cette médecine et d’examiner les mutations qui ont accompagné son institutionnalisation, en République Populaire de Chine, à partir des années 1950, puis d’exposer les continuités et ruptures de son mode de transmission, de l’apprentissage traditionnel à l’élaboration de programmes universitaires nationaux. La façon dont la médecine chinoise s’est confrontée à la biomédecine et l’analyse comparée des paradigmes de ces deux systèmes médicaux conduit ensuite à présenter la réception et l’adaptation de cette médecine exotique en Occident afin d’appréhender les difficultés et les enjeux de sa globalisation et la nécessité, de plus en plus impérative, qu’elle puisse être étudiée plus complètement, et de façon dépassionnée et pragmatique, dans le cadre de l’enseignement et de la recherche universitaires. 
Mots-clés : médecine chinoise, histoire de la médecine, transmission, université, systèmes médicaux comparés

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La médecine chinoise et la tentation du patrimoine Page 14

Frédéric Obringer

Résumé : En novembre 2010, l’UNESCO inscrivait « L’acupuncture et la moxibustion de la médecine traditionnelle chinoise » sur la Liste représentative du patrimoine culturel immatériel de l’humanité. Déjà, en 2006, une liste nationale de chefs-d’oeuvre du patrimoine oral et immatériel de la Chine fut établie, parmi laquelle neuf éléments concernaient la « médecine et la pharmacopée traditionnelles ». Depuis cette date, deux autres listes nationales ont été constituées, qui contiennent aussi des éléments médicaux. L’article analyse les enjeux de cette « patrimonialisation » de la médecine chinoise en revenant sur l’histoire récente, mais aussi plus ancienne, de cette discipline. Sont étudiés, dans cette perspective, les éléments inscrits sur les différentes listes. Confrontée concrètement à la biomédecine, en perpétuel réagencement, attaquée ou encensée pour de bonnes ou de mauvaises raisons, la médecine chinoise se trouve dans une situation paradoxale. Son inscription en tant que patrimoine culturel met l’accent sur divers points problématiques, comme la transmission de maître à disciple, le caractère ambivalent de son enseignement, la question du caractère scientifique ou non de ses pratiques, l’industrialisation de sa pharmacopée. En conclusion, il est loisible de se poser la question du rapport entre sauvegarde et dénaturation tout au long du processus d’inscription au patrimoine.

Mots-clés : médecine chinoise, patrimoine culturel immatériel, patrimonialisation

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Diffusion institutionnelle de la médecine chinoise : typologie des principaux enjeux Page 24

Pierre-Henry de BruynÉvelyne Micollier

Résumé : Le présent article vise à proposer une typologie des différents enjeux que rencontre aujourd’hui la diffusion de la médecine traditionnelle chinoise dans le monde en mettant successivement en lumière des difficultés idéologiques, épistémologiques, politiques, économiques et didactiques. Après avoir montré l’aspect polarisé des débats universitaires concernant la médecine chinoise, est abordée la question du statut épistémologique de cette tradition chinoise en la confrontant à la biomédecine dominante d’origine occidentale. L’originalité des structures politiques chinoises mises en place pour protéger et promouvoir cette tradition nationale est ensuite mise en valeur comme source possible d’inspiration au niveau international avant que soient décrits les différents facteurs économiques susceptibles de jouer positivement ou négativement sur l’évolution de ce patrimoine médical et culturel au niveau local. Les questions didactiques spécifiques que pose la transmission de ce patrimoine et l’enseignement de cette discipline sont finalement analysées avant d’en tirer conclusion.
Mots clés : Médecine chinoise, épistémologie, politique de santé, pédagogie, histoire des sciences, anthropologie des sciences

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Caractéristiques de la médecine coréenne basées sur une classification temporelle Page 34

Kang Yeonseok

 RÉSUMÉ : Les échanges entre la Corée et les pays occidentaux n’ont commencé qu’après la Seconde Guerre mondiale. La situation de ce pays est donc tout à fait différente de celle de la Chine ou du Japon qui ont eu des contacts fréquents avec l’occident dès le XVIe siècle. Par ailleurs, l’introduction de méthodes de recherche modernes a été également tardive. Néanmoins, la médecine coréenne a su évoluer tout en préservant une médecine traditionnelle moins marquée par la modernisation. Aujourd’hui, la médecine coréenne attire des jeunes doués de talents qui auparavant ne s’intéressaient pas à cette discipline. Souvent réduite dans le discours officiel chinois à une simple variation de la médecine traditionnelle chinoise, la médecine coréenne constitue pourtant une tradition à part entière. Cet article a pour objet de retracer son histoire en utilisant une classification temporelle afin de mieux faire connaître cette discipline aux sociétés occidentales. L’histoire de la médecine coréenne peut être divisée en cinq périodes :

la médecine locale (dont la plupart des écrits ont été perdus)
a médecine Hyangyak (basée sur l’utilisation d’herbes médicinales indigènes)
la compilation des médecines d’Asie
la formation indépendante de la médecine coréenne
l’époque des échanges avec la médecine moderne

MOTS-CLÉS : Médecine coréenne, médecine orientale, médecine Hyangyak (drogues locales), histoire de la médecine coréenne, classification temporelle, médecine traditionnelle chinoise

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La médecine chinoise au-delà des frontières chinoises : La confrontation de ses pratiques avec la médecine conventionnelle en France et en Italie Page 44

Lucia Candelise

RÉSUMÉ : Cet article s’appuie sur les résultats d’une recherche portant sur les modalités de réception de la médecine chinoise (réduite souvent en Europe à l’acupuncture) dans les contextes médicaux français et italiens du XXe siècle. Nous étudions comment cette médecine a tenté de s’insérer en complémentarité de la médecine traditionnelle dans chaque contexte national à partir d’entretiens avec des praticiens, de l’observation sur le terrain des cours de formation, de l’exploitation d’archives et d’une enquête par questionnaire dans les centres de formation. Les motivations des médecins acupuncteurs français et italiens sont également analysées, ainsi que les représentations qu’ils ont de la médecine chinoise. Une attention particulière est portée sur la comparaison entre la situation en France et en Italie.
MOTS CLÉS : Acupuncture, moxibustion, médecine chinoise

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La médecine chinoise au Cameroun Page 54

Hilaire de Prince Pokam

 RÉSUMÉ : L’arrivée de la Chine dans le paysage économique africain bouleverse les rapports de forces qui s’étaient instaurés depuis les indépendances en Afrique. Celle-ci a été qualifiée par certains de « nouveau terrain de chasse » ou de « terre promise » pour la Chine et fait partie de sa stratégie de puissance. Cet article s’attache à rendre compte d’une des stratégies dite de soft power de la Chine, qu’est la diffusion et la pratique outre-mer de la médecine traditionnelle chinoise (MTC), en prenant comme cas d’étude le Cameroun, pilier d’Afrique centrale avec son port et son économie dominante dans cette région.
MOTS CLÉS : Cameroun, Chine, médecine traditionnelle chinoise, migration, transnationalisme.

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Articles

La loi chinoise sur le contrat de travail et les coûts de production liés à la main-d’oeuvre Page 63

Lina KongKang AnVincent MokZhaozhou Han

 RÉSUMÉ : La publication de la loi sur le contrat de travail en Chine a suscité un vif débat à propos du fardeau économique que représentent, pour les entreprises, les coûts de production liés à la main-d’oeuvre. S’appuyant sur des données recueillies dans la province du Guangdong, dans le sud de la Chine, les résultats empiriques indiquent qu’en moyenne, pour les entreprises échantillonnées, l’augmentation du coût de la main-d’oeuvre pouvant être attribuée à l’entrée en vigueur de la loi est de l’ordre de 2,54 à 4,9 %, ce qui n’est pas si important en termes économiques.
MOTS-CLÉS : Loi sur le contrat de travail, Chine, Coûts de la main-d’oeuvre

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Hong Kong et l’internationalisation du RMB Page 72

Man Kwong Leung

 RÉSUMÉ : La monnaie chinoise, le yuan renminbi (RMB), jouit d’une convertibilité restreinte en dehors de Chine continentale, c’est-à-dire à Hong Kong, depuis le début de l’année 2004. À partir de juillet 2009, une convertibilité beaucoup plus large du RMB a été autorisée pour le règlement des échanges commerciaux transfrontaliers. Cet article a pour objet d’évaluer les facteurs qui ont motivé l’internationalisation du RMB et le rôle joué par Hong Kong au cours de ce processus, dans un contexte d’évolution des marchés des changes chinois et d’étalonnage du taux de change du RMB en fonction du marché hongkongais. Il montre que l’objectif ultime de convertibilité totale du compte de capital poursuivi par la Chine est au cœur de l’internationalisation du RMB et que la crise financière mondiale de 2008 a joué un rôle de catalyseur dans ce processus. Avec la bénédiction politique des autorités centrales et grâce à ses liens commerciaux et financiers étendus avec la Chine continentale, Hong Kong a progressivement constitué un marché offshore de RMB pour compléter la libéralisation du compte de capital sur le continent. L’avenir de l’internationalisation du RMB dépendra d’une part de la croissance de l’économie chinoise qui renforcera les flux financiers en RMB entre les marchés offshore de Hong Kong et onshore de Shanghai, et d’autre part du développement équilibré de ces deux marchés.
MOTS CLÉS : Hong Kong, Chine, internationalisation du RMB

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Actualités

Internationalisation de la monnaie chinoise Page 84

Michel Aglietta

Les Nouvelles de Chine. L’endettement des collectivités locales chinoises : les prémices d’une crise ? Page 90

Thomas Vendryes

Les Nouvelles de Chine. La Chine au secours de l’Europe : « générosité bienveillante » ou « machiavélisme financier » ? Page 92

Yang Chan

Comptes-rendus de lecture

Kevin J. O’Brien, Zhao Suisheng (éd.), Grassroots Elections in China Page 96

Paul Charon

Janette Ryan (éd.), China’s Higher Education Reform and Internationalisation Page 97

Jean-Charles Lagrée

Philippe Paquet, Madame Chiang Kai-shek – Un siècle d’histoire de la Chine Page 99

David Bartel

Andrew D. Morris, Colonial Project, National Game: A History of Baseball in Taiwan Page 101

Jérôme Soldani

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