Perspectives chinoises 2014/1

Dossier

Hong Kong depuis 1997 :

L’émergence de fractures sociales et institutionnelles

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Perspectives chinoises 2014/1

Dossier

Éditorial Page 3

Tai-lok LuiBrian C. H. Fong

La déconnexion des pouvoirs exécutif et législatif dans le Hong Kong postcolonial : le dysfonctionnement du système de domination par l’exécutif, 1997-2012 Page 5

Brian C. H. Fong

RÉSUMÉ : Pendant la période coloniale britannique, le système de gouvernement de Hong Kong était généralement décrit comme un système où le pouvoir exécutif était dominant. Lors de l’élaboration du système politique postcolonial de Hong Kong au cours des années 1980, les dirigeants chinois ont décidé de maintenir cette prépondérance de l’exécutif. Toutefois, malgré une vaste gamme de pouvoirs constitutionnels conférés au Chef de l’exécutif par la Loi Fondamentale et malgré l’installation d’une majorité pro-gouvernementale au Conseil législatif (LegCo), à la différence de son prédécesseur colonial, le gouvernement de la Région administrative spéciale (RAS) peine à conserver sa position dominante vis-à-vis du pouvoir législatif dans l’élaboration des politiques. Cet article attribue le dysfonctionnement de ce système aux réticences de Pékin à voir se développer à Hong Kong un mode de gouvernement fondé sur les partis politiques. En marginalisant les partis politiques dans l’organisation des institutions et dans le processus d’élaboration des politiques du gouvernement de la RAS, le pouvoir exécutif s’est déconnecté du pouvoir législatif depuis 1997. De ce fait, la coalition entre un Chef de l’exécutif ne pouvant appartenir à aucun parti et les partis pro-gouvernementaux demeure fragile. Afin de sortir Hong Kong du bourbier politique actuel, le développement d’un mode de gouvernement qui impliquerait les partis politiques est un enjeu central que le gouvernement chinois et la RAS doivent prendre en considération.

MOTS-CLÉS : domination par l’exécutif, relations entre les pouvoirs législatif et exécutif, taux de succès législatif, Hong Kong.

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Le nouveau paradoxe de l’épargne : financiarisation, protection de la retraite et polarisation des revenus à Hong Kong Page 17

Kim Ming LeeBenny Ho-pong ToKar Ming Yu

RÉSUMÉ : Le gouvernement de Hong Kong se targue souvent du fait que le territoire figure systématiquement en tête des classements établis par la plupart des agences de notation et cercles de réflexion pour ce qui concerne la « liberté des marchés ». En revanche, il est moins enclin à reconnaître que, plus de quinze ans après la rétrocession, Hong Kong est l’une des économies où les inégalités de revenus sont les plus marquées. Cette inégalité croissante est, entre autres, le résultat de l’augmentation de la pauvreté chez les personnes âgées. Dans cet article, nous tenterons de présenter une analyse de la polarisation des revenus et de la richesse à Hong Kong en nous penchant sur la politique de protection de la retraite et sur la pauvreté chez les personnes âgées. Nous examinerons aussi les effets polarisants du phénomène de financiarisation sur l’économie de Hong Kong.
MOTS-CLÉS : Financiarisation, protection sociale fondée sur les actifs, capitalisme de fonds de pension, aide au logement, protection de la retraite, polarisation des revenus, pauvreté des personnes âgées.

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La Chine en tant qu’« Autre » : Les Hongkongais face à leur identité nationale, entre résistance et ambivalence Page 29

Chan Chi Kit

RÉSUMÉ : Les recherches existantes montrent que l’identité des habitants de Hong Kong a changé depuis sa rétrocession en 1997. Néanmoins, ces recherches ne s’accordent pas sur la question de savoir si la représentation de la Chine comme « Autre » opposé à l’identité locale de Hong Kong prévaut encore compte-tenu de la renationalisation impulsée par Pékin et des récentes évolutions de l’espace transfrontalier. Bien que la littérature existante ait illustré la progression constante du sentiment de fierté et de affinité de la population hongkongaise à l’égard des symboles nationaux chinois, le réexamen de trois enquêtes représentatives (de 2006, 2008 et 2010) révèle qu’une résistance à ces symboles culturels se développe. Par ailleurs, tandis que plusieurs études ont montré que l’image d’une « Chine culturelle et économique » était mieux acceptée que celle d’une « Chine politique », les trois enquêtes susmentionnées indiquent que même la première rencontre une résistance croissante au niveau local. Ce sentiment d’altérité qu’inspire la Chine doit donc être réexaminé à la lumière de l’ambivalence de l’identité hongkongaise. Ses implications théoriques et sociales doivent être également prises en compte. L’article soutient que la réticence de la population de Hong Kong à adhérer à l’identité nationale chinoise est étroitement liée au sentiment de malaise suscité par les diverses rencontres entre Chinois et Hongkongais ces dernières années : les controverses et conflits sur l’éducation patriotique, la circulation des personnes de part et d’autre des frontières, ainsi que la fourniture de biens et de services publics pour les non-résidents. Cet article entend examiner les équilibres ambigus qui caractérisent la relation entre identité locale et identité nationale à Hong Kong.

MOTS-CLÉS : Chine, Hong Kong, équilibre ambigu, identité nationale, identité locale, renationalisation.

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Des opportunités en déclin : Hong Kong dans le contexte de l’intégration régionale Page 39

Tai-lok Lui

RÉSUMÉ : Une pièce manque au puzzle du développement social de Hong Kong depuis 1997 : l’intégration nationale et régionale. On a longtemps cru que,  relativement isolé du continent, Hong Kong pourrait néanmoins saisir les opportunités de la réforme économique chinoise, comme ce fut le cas dès le milieu des années 1980 avec la délocalisation massive des usines manufacturières dans le delta de la rivière des Perles. Toutefois, avec l’intensification de la réforme du marché chinois et l’émergence de cette nouvelle puissance économique, Hong Kong a été rapidement prise au dépourvu dans son intégration à la mère patrie. Si les tensions grandissantes entre les Chinois du continent et les Hongkongais ont déjà été considérablement médiatisées, le fait que les nouvelles opportunités pour les Hongkongais en Chine continentale ne se soient pas pleinement matérialisées a en quelque sorte échappé à l’attention du public. Dans cet article, nous nous intéressons à la situation actuelle de Hong Kong face à ces opportunités attendues du développement économique de la Chine, ainsi qu’au progrès de son intégration dans le développement national. Nous étayons notre démonstration avec des statistiques officielles sur les résidents hongkongais travaillant en Chine continentale, qui soulignent que les résidents hongkongais poursuivant leur carrière dans un nouvel espace économique développé en Chine continentale ne sont pas devenus plus nombreux, au contraire, la tendance s’est inversée.

MOTS-CLÉS : intégration régionale, intégration économique, délocalisation industrielle, « opportunité chinoise », résidents hongkongais travaillant en Chine continentale.

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Articles

La construction de routes et de logements à Nairobi par des entreprises chinoises. Transferts de pratiques d’urbanisme entre la Chine et le Kenya Page 55

David Bénazéraf

RÉSUMÉ : Résultat d’une présence croissante de la Chine en Afrique, les projets chinois en matière de développement urbain se multiplient dans les villes du continent. À Nairobi, l’aide au développement et les entreprises d’État chinoises contribuent à la construction d’infrastructures routières. Les promoteurs immobiliers chinois, principalement privés, construisent et commercialisent des logements pour les classes moyennes. Les productions urbaines d’acteurs publics et privés chinois concourent au développement de la capitale kenyane et à l’exportation des pratiques d’urbanisme chinoises en Afrique. Ils constituent un vecteur du pouvoir d’attraction de la Chine. Cet article présente les résultats d’une enquête de terrain.

MOTS-CLÉS : Chine-Afrique, coopération Sud-Sud, urbanisme, logement, infrastructures, pratiques d’urbanisme, mondialisation, Kenya, Nairobi.

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Le mormonisme et l’État chinois. Devenir une église officielle en République populaire de Chine ? Page 65

Pierre Vendassi

RÉSUMÉ : Depuis les années 1980, l’Église de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours – l’église mormone majoritaire – cherche à s’implanter en République populaire de Chine. Alors que d’autres mouvements religieux chrétiens et d’origine étrangère choisissent la clandestinité, l’Église SDJ adopte une stratégie de conformation aux lois et de négociation avec l’État en vue d’obtenir une autorisation officielle de conduire ses activités religieuses. Cet article propose de décrire et interroger le fondement, la forme et certains effets observables d’une telle stratégie, sur le plan institutionnel et sur le plan des identités religieuses produites.

MOTS-CLÉS : mormonisme, Chine, État, inculturation, marché religieux, régulation, distinction, identité.

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Synthèse de presse du CEFC

Une nouvelle réforme foncière chinoise ? Évaluation et perspectives Page 65

Samson Yuen

Comptes-rendus de lecture

Angela Ki Che Leung et Charlotte Furth (éds.), Health and Hygiene in Chinese East Asia: Policies and Publics in the Long Twentieth Century Page 72

Luca Gabbiani

« La Chine et l’ordre du monde », Numéro special de la revue Agone Page 73

David Bartel

Isabelle Thireau (éd.), De Proche en proche. Ethnographie des formes d’association en Chine contemporaine Page 75

Eric Florence

Caroline Grillot, Volées, envolées, convolées… Vendues, en fuite, ou re-socialisées : les « fiancées » vietnamiennes en Chine Page 77

Hélène Le Bail

Judith Shapiro, China’s Environmental Challenges Page 79

Hiav Yen Dam

David Clarke, Chinese Art and Its Encounter with the World Page 81

Nicolas Idier

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