Perspectives chinoises 2019/3

DOSSIER

Mondes musicaux sinophones (1) : Circulations sonores, affectives et identitaires

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Perspectives chinoises 2019/3

Dossier

Éditorial – Inclure la musique dans les études sinophones, décentrer la musique chinoise Page 3

Nathanel Amar

« La chanson de la vente d’olives » : expérience acoustique et identité cantonnaise à Canton, Hong Kong et Macao durant la séparation de 1949 Page 9

Nga Li Lam

RÉSUMÉ : Cet essai examine l’identité culturelle et l’expérience acoustique partagée à Canton, Hong Kong et Macao à travers « La chanson de la vente d’olives ». Cette chanson est tirée de Siu Yuet Pak, une adaptation réalisée en 1950 de l’opéra cantonais Flamme de luxure, histoire datant de 1948, diffusée à Canton et qui devint rapidement célèbre à travers la région. À l’aide de recherches archivistiques et d’études de textes, j’expliquerai de quelle manière la chanson s’approprie l’icône culturelle de Siu Yuet-pak et réinvente la tradition consistant à « vendre des olives » tout en donnant à l’expérience de franchissement des frontières un socle de représentations commun aux trois aires parlant le cantonais à une époque d’échanges fréquents, de compétitions occasionnelles et de potentielles déconnexions entre la fin des années 1940 et le début des années 1950.
MOTS-CLÉS : Histoires radio-diffusées, radio, cantonité (Cantoneseness), chanson cantonaise, musique populaire, vente d’olives.

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« Manger de la hanité » : la tradition musicale ouïghoure en temps de rééducation Page 19

Amy AndersonDarren Byler

RÉSUMÉ : En février 2019, deux spectacles musicaux d’envergure mettant en scène des résidents de la Région autonome ouïghoure du Xinjiang ont été largement diffusés sur les réseaux sociaux chinois. Ces deux spectacles, un gala des récoltes dans le canton de Mekit et une représentation par une enseignante ouïghoure de Qumul, montraient des Ouïghours vêtus de costumes culturels han et jouant de l’opéra de Pékin. Ces cinq dernières années, depuis le lancement de la « Guerre populaire contre le terrorisme » (People’s War on Terror), l’espace dédié aux spectacles de chants et de danses traditionnels ouïghours s’est profondément réduit. Dans le même temps, celui consacré aux Ouïghours mettant en scène leur hanité (Hanness) à travers l’opéra traditionnel chinois et les chants rouges s’est considérablement accru. S’appuyant sur des données issues des médias de langues chinoise et ouïghoure, une enquête de terrain ethnographique ainsi que sur des entretiens avec des Ouïghours de la diaspora, cet article analyse l’évolution du rôle de la musique dans la vie religieuse et rituelle ouïghoure, retraçant la façon dont les ministères successifs de la culture ont démultiplié leurs tentatives pour détacher la musique ouïghoure de ses origines soufies islamiques, dans le but de produire une « différence autorisée » non-menaçante (Schein 2000). Depuis 2016, la campagne de rééducation du gouvernement chinois sur la société ouïghoure a intensifié cette déconnexion, encourageant jusqu’à l’effacement de la « différence » garantie par l’État, mettant auparavant en scène des Ouïghours parés d’exotisme et heureux. La musique traditionnelle han est en train de remplacer la musique traditionnelle ouïghoure, témoignant d’une intensification de la violence symbolique exercée à l’égard du savoir traditionnel et de l’esthétique ouïghours. À l’ère de la rééducation ouïghoure, la représentation musicale sur scène est devenue un espace dédié à des rites politiques d’allégeance à une vision nationaliste han de l’État chinois.
MOT CLÉS : Ouïghour, musique autochtone, Xinjiang, violence symbolique, rééducation.

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Construire un conservatoire aux caractéristiques chinoises et de premier ordre mondial. Rhétorique d’une institution musicale chinoise Page 31

Eugénie Grenier Borel

RÉSUMÉ : Le Conservatoire de musique de Shanghai a pour vocation principale de produire, au terme d’un parcours hautement compétitif, des interprètes de « musique classique occidentale » de niveau international. Le processus de « globalisation » passe par le déploiement d’efforts particuliers, à la fois plus explicites et plus développés que dans les Conservatoires européens ou américains, pour internationaliser la formation. Cette apparente disparition des différences d’un modèle globalisé est néanmoins plus subtile qu’il n’y paraît. La globalisation est partielle et ciblée et surtout, elle va de pair avec une forme d’appropriation passant par deux mécanismes distincts : l’un consacré au développement et à la transmission d’un savoir-faire internationalisé dans l’interprétation, l’autre dévolu à la composition de pièces comportant des caractéristiques chinoises, qui mettent en musique un discours nationaliste.
MOTS-CLÉS : Conservatoire de Shanghai, musique classique occidentale, globalisation, rhétorique institutionnelle, nationalisme, chansons.

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« Bang Bang Bang » – Absurdité ou langue alternative ? Le paysage linguistique de l’adaptation chinoise/du remake chinois de I Am a Singer Page 41

Tian Li

RÉSUMÉ : À travers l’analyse de l’adaptation chinoise du programme télévisé coréen I Am a Singer, cet article étudie la manière dont une émission musicale chinoise de télé-réalité met en œuvre et représente l’émergence de nouvelles exigences esthétiques pour la déterritorialisation de ce que nous appellerons le « paysage linguistique », ce paysage évolutif des langues qui se mêle aux langues nationales standardisées et s’en libère. Il analyse également la manière dont ce paysage interagit avec la négociation affective qui s’opère au cours de la traduction ou de la transplantation dans le contexte de déterritorialisation culturelle. Cette émission musicale sino-coréenne témoigne d’imaginaires non-ethnocentrés qui traversent les frontières nationales et idéologiques sanctionnées par l’État. Le paysage linguistique effectue une négociation affective et transcende le système linguistique officiel pour créer un processus à travers lequel une communication authentique devient possible à l’ère du numérique.
MOTS-CLÉS : Chine, Corée, K-pop, paysage linguistique, adaptation, programme télévisé musical, politique du langage, négociation affective.

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Actualités

Le rôle des urbanistes dans l’aménagement des communautés résidentielles : un modèle viable pour la gouvernance locale en Chine ? Page 60

Liao LiaoChong ZhangJianfeng Feng

RÉSUMÉ : La gouvernance participative est devenue un mode de gouvernance prédominant dans le monde depuis les années 1990, y compris dans des contextes non démocratiques. En novembre 2002, la notion de gouvernance participative a été intégrée par les autorités chinoises à l’issue du 16e Congrès national du Parti communiste chinois (PCC). Depuis 2010, de nombreuses expériences de gouvernance participative, allant de la gestion du budget à la planification, ont été mises en œuvre en Chine. Cet article étudie le développement spécifique de la gouvernance participative en Chine à travers le rôle des urbanistes. Il aborde dans un premier temps le contexte du développement de la participation publique au niveau local, tout en analysant l’émergence de la planification participative et ses implications. Il examine ensuite le rôle des urbanistes dans la planification participative. L’article est plus particulièrement consacré à l’évolution de la gouvernance locale, et notamment au cas de la gouvernance communautaire, dans les communautés résidentielles. Dans les dernières parties, l’article analyse le rôle de médiateur des urbanistes dans la participation et détaille les approches plus théoriques du modèle. Il discute en conclusion des expériences participatives chinoises.
MOTS-CLÉS : Participation, gouvernance communautaire, urbanistes, urbanisme.

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Une brève généalogie du Hanmai Page 67

Ge ZhangJian Xu

Compte rendu de visionage

WANG, Bing 王兵. 2018. Les Âmes mortes (Si Linghun 死靈魂). 495 min. Page 73

Judith Pernin

Comptes rendus de lecture

LING, Wessie, et Simona SEGRE-REINACH. 2018. Fashion in Multiple Chinas: Chinese Styles in the Transglobal Landscape Page 75

Sabine Chrétien-Ichikawa

DAI, Jinhua. 2018. After the Post-Cold War: The Future of Chinese History. Page 76

Jessica Yeung

WELLAND, Sasha Su-Ling. 2018. Experimental Beijing: Gender and Globalization in Chinese Contemporary Art Page 78

Doris Sung

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